A ce qu'on a été.
- acopodcasts
- 30 nov. 2025
- 3 min de lecture
L’année dernière, à la même période, je traversais tout Paris pour te trouver un gâteau d’anniversaire de dernière minute, parce que tu n’en avais pas pour ta fête. Cette année, je n’ai même pas trouvé le courage de te souhaiter joyeux anniversaire.

Dans la vie, je n’ai pas beaucoup de certitudes, mais j’en avais quand même quelques unes, et notre amitié, elle, en faisait partie.
Je croyais naviguer à tes côtés pour le restant de ma vie : nos premiers emplois, nos déménagements, nos amours et nos déceptions, nos grandes victoires comme nos défaites « insurmontables », nos mariages, la naissance de nos futurs enfants, et tout ce qui aurait pu suivre. J’étais persuadée que tu serais là à chaque étape. Je te voyais à chaque étape.
Je nous voyais rire, discuter, apprendre, nous disputer, se réconcilier, nous éloigner, quelques fois, parce que la vie l’oblige. Mais jamais nous séparer. J’avais tort.
Ce qui était une certitude s’est transformé peu à peu en des milliers de questions sans réponses, en une distance qui a pris trop de place entre nous, en un silence qui résonnait beaucoup trop fort.

Je n’arrivais plus à prendre le téléphone aussi facilement pour t’appeler, pour te raconter mes journées, mes galères, mes peurs, pour te parler.
Je n’osais plus être avec toi, rigoler avec toi, être là pour toi.
Je ne te comprenais plus, et toi non plus, tu ne me voyais plus.
En te regardant t’éloigner, j’ai voulu te retenir, te retrouver, sauver ce qu’il restait de nous, de ce qu’on avait été.
J’ai vraiment essayer : t’appeler comme avant, te parler comme avant, rire avec toi comme avant. Essayer de ramener un peu de clarté dans un brouillard que je ne comprenais pas.
Mais… plus rien, n’était comme ce « avant » que je voulais tant retrouver.
Et c’est là que j’ai commencé à vraiment te perdre : au moment où j’ai compris que, même en donnant tout ce que je pouvais, je n’arrivais plus à te rejoindre.
Pour être honnête, j’ai pris du temps à l’accepter, à accepter que tu étais déjà parti.e, et surtout, que tu ne reviendrais pas. J’ai nié cette idée.
Je l’ai rejetée quand on a essayé, encore une dernière fois, de nous parler, de nous retrouver. En vain…
Alors, j’ai décidé de te laisser partir, pour de vrai, cette fois-ci, de te dire au-revoir et de ne plus me retourner.
De fermer ce livre, qui a tant compté pour moi et qui a été l’une de mes plus belles histoires, malgré tout ça.

Merci mon ami.e, d’avoir partagé ce petit bout de chemin avec moi.
Merci de m’avoir montré à quel point l’amour platonique pouvait être fort, beau, solide, rassurant et important.
Merci de m’avoir écoutée pleurer et douter, rire et crier, changer et grandir.
Merci de m’avoir acceptée pleinement, sans jamais aucun jugement.
De nous, je garderai tout ce qui a été beau, tout ce qui nous a liés, tout ce qui nous a transformés, pour le meilleur.
Je tenterai de ne jamais nous oublier, nous effacer, et de toujours me rappeler que, pendant quelques temps, on s’est aimé, on a existé, pleinement, ensemble, et de la plus belle des manières.
J’espère que quelque part, pour toi, c’est pareil, et que le temps effacera ces derniers mauvais souvenirs, pour ne garder que les bons, que ceux où on nous voit être les inséparables qu’on a été.
Je te laisse partir, pour de vrai, pour de bon.
Merci d’avoir été là, d’avoir été toi.
Au revoir, mon ami.e





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